Suite de « Souvenirs d'enfance... »
Merci à E.J. Cathala pour les photos
Le Café des touristes, c'était un temps que les moins de 20
ans ne peuvent pas connaître.
Il était situé près
du croisement de quatre routes qui vous conduisaient soit vers Mirandol ou Saint -Christophe et Narthoux ou Montirat
Lagarde-Viaur et Laguépie ou bien vers
Monestiés, Trévien, Le Ségur et Cordes. Un lieu de passage très fréquenté.
Je me souviens des jours où nous allions à Mirandol pour
moudre le blé et en ramener de la bonne farine qu’utilisait mon père pour faire
le pain mais aussi de délicieuses fouaces. C’était parfois le jour de la foire
mensuelle de Mirandol. La veille, la charrette avait été chargée de sacs de
blé. Mon père me réveillait dès l’aurore car il fallait bien deux bonnes heures
à la solide paire de bœufs pour
effectuer le trajet de La Rivière, sous La Béssède, à Mirandol. J'étais assis sur les sacs et je voyais défiler
le chemin au pas cadencé des bovidés qui auraient préféré rester à l'étable ou
aller brouter l’herbe du pré que
d'emprunter le chemin goudronné,
Le blé déchargé et les bœufs amenés à l’étable mise à
disposition par le minotier, nous disposions de quelques heures pour effectuer
diverses courses et exceptionnellement déjeuner dans l'un des restaurants ; habituellement nous
nous rendions chez la cousine Briane, très contente de nous recevoir.
Sur le chemin du retour, une petite halte s’imposait au
« Café des touristes », le temps pour mon père de boire un panaché et
pour moi une limonade, et un repos bienvenu pour l'attelage qui ruminait à l’ombre. Le café était tenu par Camille Guy, également
menuisier, et par sa femme Yvonne née
Blanc, épousée en 1937. Camille l’avait créé avant la guerre de 39-45. Il
servait aussi des repas pour les ouvriers des Ponts et Chaussées, à René Roux
le chauffeur du car qui assurait la liaison Carmaux-Montirat…. Le dimanche, en
fin de matinée, c’était le rendez-vous traditionnel de l’apéro pour les
agriculteurs et les chasseurs des
environs, et l’après-midi des joueurs de carte. Les touristes de passage
appréciaient son cadre champêtre. Camille vendait aussi de l’essence en bidons
de 5 litres avant l’installation de la pompe à bottillon Volucompteur
Desmarais. Camille fut mobilisé pendant la guerre. En 1959, il fut victime d’un infarctus sur le lieu d’un
incendie, chez Blanquet au Capélar, où il s’était rendu rapidement avec un
extincteur. Jacques, le fils qui lui avait succédé à la menuiserie, reprit le
café avec son épouse Marguerite en 1996 au décès de sa mère avant de le fermer
définitivement en 2000.
Edmond-Jacky Cathala
Photo 1.Assis:
Jacques Guy, sa cousine Christine Gayrard née Trouche et sa
tante Annette Blanc qui apporte les
boissons. Doc. Jacques Guy
Photo 2. Camille et Yvonne Guy, les parents de Jacques Guy
sur la Terrot 350. « On y montait jusqu’à 5 pour aller se baigner à Lagarde Viaur »
se souvient Jacques Guy.
Puis la porte du café s'est fermée définitivement...